
Rendre la vue aux aveugles : du progrès, mais quelles limites ?
L’OMS, en août 2014, évaluait à 285 millions le nombre de personnes atteintes de déficience visuelle. Parmi celles-ci, 39 millions sont atteintes de cécité, c’est-à-dire la perte de vision complète d’un ou des deux yeux. Au sens administratif du terme, un aveugle est une personne ayant une vision centrale des yeux, après correction par des verres, inférieure à 1/20ème de la normale. Deux des principales pathologies induisant une perte des photorécepteurs, sont la Dégénérescence Maculaire Liée à l’Âge (DMLA), et la rétinopathie pigmentaire. La DMLA est une maladie de la rétine affaiblissant considérablement les capacités visuelles sans toutefois les anéantir et qui concerne 1.5 millions de personnes en France. La rétinopathie pigmentaire concerne une naissance sur 4000, et aboutit quant à elle à une perte totale de la vision. La cécité a longtemps été, et est toujours considérée comme une maladie incurable. Pourtant, des équipes de recherche essaient de prouver le contraire, pour permettre aux aveugles de retrouver une vision emmétrope. Les tests cliniques que nous allons vous présenter tout au long de notre travail sont uniquement effectués sur des patients atteints de rétinopathie pigmentaire, pour ne pas prendre le risque d’endommager un peu plus la vision des personnes atteints de DMLA. Pour rendre la vue aux individus touchés par ces deux maladies, deux principales techniques sont utilisées, et elles seront l’objet principal de notre recherche. Tout d’abord la prothèse rétinienne, l’idée étant de stimuler par un dispositif électrique la rétine. Cette idée n’est pas nouvelle : en effet, dès 1755, le physicien et scientifique français Charles Leroy essayaient déjà de faire revoir ses patients grâce à un système électrique. Elle a récemment été remise au goût du jour, depuis que les neuroprothèses sont utilisées. La deuxième alternative envisagée est la thérapie optogénétique, qui consiste à rendre les neurones sensibles à la lumière en utilisant la génétique.
Ainsi, nous nous demanderons jusqu’à quel point peut-on améliorer les technologies permettant de rendre la vue aux aveugles ? Nous commencerons à travers la première partie par rappeler le mécanisme de la vision ainsi que présenter en détail les pathologies concernées. Dans un second temps, nous parlerons des techniques utilisées, leur développement et limites actuelles. Enfin, nous verrons les améliorations possibles à ces techniques, tout en mettant en évidence leurs limites.
